Aération et humidité en Vendée
Humidité et ventilation de l'habitat vendéen
L'aération d'un logement évacue l'humidité, les polluants intérieurs et le dioxyde de carbone. Un logement étanche sans ventilation efficace développe condensation et moisissures en quelques mois.
Bourrines et bâti traditionnel du marais
Les bourrines du marais breton, construites en terre et couvertes de chaume ou de roseau, présentent des volumes intérieurs réduits et une faible hauteur sous plafond qui concentrent rapidement la vapeur d'eau produite par les occupants. Ces constructions traditionnelles, comme les maisons basses en moellon calcaire du sud vendéen, fonctionnaient historiquement sans étanchéité à l'air significative, un défaut qui assurait de fait un renouvellement permanent, certes non maîtrisé mais réel. Les rénovations thermiques contemporaines, en calfeutrant portes et fenêtres, suppriment ce renouvellement naturel sans toujours le remplacer par un dispositif mécanique équivalent, ce qui explique l'apparition de moisissures dans des bâtiments qui n'en connaissaient pas auparavant. Une ventilation mécanique adaptée à ces volumes réduits, dimensionnée sans excès, permet de retrouver un équilibre que l'étanchéification seule a rompu.
Sous-sol granitique et calcaire vendéen
Au nord du département, le socle armoricain granitique, présent autour du Bocage vendéen et des Herbiers, expose les logements à un potentiel radon plus élevé que la moyenne nationale, ce gaz d'origine géologique s'accumulant dans les caves et les rez-de-chaussée mal ventilés. Au sud, les formations calcaires du Bas-Poitou se comportent différemment vis-à-vis de l'eau, avec une porosité qui favorise les remontées capillaires dans les maisons anciennes construites sans coupure de capillarité en pied de mur. Cette opposition nord-sud justifie que le diagnostic intègre la nature géologique du sous-sol avant de conclure sur l'origine d'une humidité constatée en rez-de-chaussée. Un professionnel qui ignore cette donnée locale risque de traiter par la ventilation un désordre qui relève en réalité d'un drainage ou d'une injection de résine.
Résidences secondaires du littoral fermées l'hiver
Le littoral vendéen, des Sables-d'Olonne à Saint-Jean-de-Monts, concentre un parc important de résidences secondaires occupées essentiellement l'été et fermées le reste de l'année. Cette fermeture prolongée correspond ici à une désertion hivernale dans un climat déjà humide, ce qui aggrave le risque de condensation sur les points froids pendant les mois les plus critiques. Sans occupant pour aérer ponctuellement ni chauffage suffisant pour maintenir les parois au-dessus du point de rosée, ces logements accumulent une humidité qui se traduit au printemps par des moisissures développées derrière les meubles ou dans les placards mal ventilés. Une ventilation permanente à débit réduit, associée à un maintien hors gel du chauffage, change cette situation en assurant un renouvellement d'air constant indépendamment de la présence des propriétaires.
Production de vapeur et mécanisme de la condensation
Douche, cuisine, respiration et linge séché en intérieur totalisent, pour une famille de quatre personnes, 10 à 15 litres de vapeur d'eau évacués chaque jour, dont environ un litre rien que pour la respiration nocturne d'un occupant. Cette eau ne s'évapore pas dans le vide. Elle se dépose sur la première paroi assez froide pour la faire condenser, un phénomène marqué dans les volumes réduits des bourrines, où l'air se charge vite faute de grand volume pour diluer la vapeur produite. La capacité de l'air à retenir cette humidité chute avec la température, de 17 grammes par mètre cube à 20 degrés à seulement 10 grammes à 12 degrés, un écart que le climat océanique maintient presque toute l'année dans une zone favorable à la condensation.
Polluants et qualité de l'air
L'air extérieur titre environ 420 ppm de dioxyde de carbone ; une chambre occupée toute la nuit, porte et fenêtre closes, dépasse couramment 2 000 ppm au réveil, un seuil associé à la fatigue et aux maux de tête matinaux. Les peintures récentes, les colles et les meubles en panneaux relâchent pendant plusieurs semaines des composés organiques volatils et du formaldéhyde, désormais signalés par l'étiquette sanitaire A+ à C obligatoire depuis 2012. Le chauffage d'appoint au bois, très répandu dans les maisons vendéennes, ajoute des particules fines à ce tableau, tout comme le radon dans les secteurs granitiques évoqués plus haut.
Réglementation et débits d'extraction
Le texte de référence, l'arrêté du 24 mars 1982, organise le renouvellement de l'air selon un principe de balayage, entrée par les pièces principales, extraction par les pièces de service, avec un débit qui croît d'environ 75 mètres cubes par heure en studio jusqu'à près de 200 pour un cinq pièces, la cuisine pouvant descendre en dessous de sa valeur de base à condition de conserver une position de pointe d'au moins 120 mètres cubes par heure. Ce mouvement d'air suppose un jeu suffisant sous les portes intérieures, de l'ordre d'un à 2 centimètres, qu'un remplacement de sol dans une bourrine rénovée supprime presque toujours sans que le poseur n'y prête attention.
Choix d'un système de ventilation
Pour une résidence occupée par intermittence, le système hygroréglable de type B présente un avantage décisif, en pilotant conjointement les entrées d'air des pièces principales et les bouches d'extraction, il adapte automatiquement son débit à une présence irrégulière, contrairement à un autoréglable qui tourne au même régime, occupants présents ou non. Le double flux, avec un rendement de 85 à 92 % sur les caissons certifiés, apporte un bénéfice réel dans les maisons neuves bien isolées du littoral, à condition qu'un test d'infiltrométrie confirme une étanchéité suffisante pour ne pas court-circuiter l'échangeur. Dans les bourrines et le bâti traditionnel dépourvu de conduit vertical, la ventilation par insufflation évite le percement de structures parfois fragiles tout en assurant un renouvellement permanent de l'air filtré.
Diagnostic et entretien
Poser un thermohygromètre dans chaque pièce et relever ses valeurs matin et soir sur une semaine reste le point de départ le plus simple, complété par une mesure des débits à l'anémomètre et un contrôle des entrées d'air, parfois obstruées par la peinture. La nature du désordre change la réponse à apporter, une tache qui suit les saisons et reste sur les points froids relève de la condensation, un contour net après un orage d'une infiltration de toiture, et une ligne humide qui monte depuis le sol sans jamais dépasser une certaine hauteur d'une remontée capillaire liée à la porosité du calcaire local. Une bouche d'extraction se nettoie tous les 3 à 6 mois, une entrée d'air une fois par an, et les filtres d'un double flux entre 6 et 12 mois, un rythme resserré sur le littoral.
Prix d'une installation de VMC
Il faut prévoir de 150 à 500 euros pour un diagnostic complet avec relevés d'humidité et mesure des débits. Les travaux vont de 600 euros pour une extraction simple à 1 200, voire 2 500 euros pour une installation hygroréglable de type B, jusqu'à 4 000 à 8 000 euros pour un double flux complet avec réseau de gaines.
Entreprises d'aération et de traitement de l'air en Vendée
ABBS Habitat, basée à La Roche-sur-Yon, installe et entretient des systèmes de ventilation mécanique contrôlée sur l'ensemble du département, en simple flux, double flux et ventilation positive hygroréglable, pour les maisons individuelles comme pour les logements collectifs.
Communes couvertes
- Principales villes de Vendée : La Roche-sur-Yon, Challans, Les Sables d'Olonne, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Montaigu-Vendée, Les Herbiers

