Aération et ventilation dans le Pas-de-Calais
Ventilation et traitement de l'humidité dans les corons du Pas-de-Calais
Une ventilation mécanique contrôlée assure un renouvellement d'air permanent, contrairement à l'ouverture des fenêtres. Les débits réglementaires dépendent du nombre de pièces principales et du type d'installation.
Trois désordres d'humidité
Un diagnostic sérieux commence par séparer trois phénomènes que les occupants confondent souvent. La condensation superficielle touche les points froids de manière saisonnière, marquée en hiver et disparaissant avec le retour des beaux jours. L'infiltration suit un épisode pluvieux et dessine une auréole à contour net, généralement en toiture ou en façade exposée aux vents dominants. La remontée capillaire, plus fréquente dans ce secteur où la nappe s'est parfois rapprochée de la surface après l'arrêt des pompages liés à l'exploitation minière, progresse depuis le bas du mur, s'arrête à une hauteur constante et laisse un liseré de salpêtre caractéristique. Confondre ces trois désordres conduit à des travaux inutiles, comme poser une VMC surdimensionnée là où seul un drainage périphérique réglerait le problème.
Vapeur d'eau et climat frais et humide
Une famille de quatre occupants relâche chaque jour 10 à 15 litres d'eau sous forme de vapeur, par la respiration, la cuisson, les douches et le séchage du linge, une production que le climat local peine à évacuer naturellement faute d'air extérieur suffisamment sec pour absorber l'excédent. Entre 20 degrés, où l'air peut encore loger environ 17 grammes d'eau par mètre cube, et 12 degrés, où cette capacité de rétention retombe à 10 grammes, l'écart suffit à expliquer pourquoi les points froids condensent en premier, une température de paroi fréquente en hiver dans des maisons de coron dont les murs de brique pleine, épais mais peu isolants avant rénovation, refroidissent vite en façade nord. La vapeur produite se dépose alors sur ces parois froides, avec un effet amplifié dans les logements mitoyens où une seule façade extérieure concentre les déperditions de deux murs pignons partagés.
Bâti en brique sans conduit vertical
La maison de coron typique s'organise sur un ou 2 niveaux avec une profondeur limitée, sans cage d'escalier ni gaine technique susceptible d'accueillir un conduit vertical d'extraction commun à plusieurs pièces. Contrairement à un immeuble collectif équipé d'un conduit shunt, chaque logement en bande doit ici recevoir sa propre solution de ventilation, ce qui multiplie les points d'intervention à l'échelle d'une cité minière entière lors d'une opération de rénovation groupée. L'aléa minier propre au bassin, avec des risques résiduels de cavités souterraines suivies par les services compétents, s'accompagne d'une vigilance particulière sur les sous-sols et les caves, souvent humides, qui communiquent avec le rez-de-chaussée par des planchers anciens peu étanches. Ventiler ces volumes bas, plutôt que de les calfeutrer, limite la remontée d'humidité vers les pièces habitées.
Polluants et confinement
Aux mêmes composés organiques volatils qu'ailleurs, émis par les peintures, les colles et les meubles neufs pendant plusieurs semaines, s'ajoute dans ces logements réhabilités un enjeu de confinement accru par l'amélioration de l'étanchéité à l'air réalisée lors des travaux de rénovation énergétique. Le dioxyde de carbone, qui reste sous les 420 ppm à l'extérieur, dépasse couramment 2 000 ppm dans une chambre fermée en fin de nuit lorsque aucune entrée d'air neuf ne compense l'étanchéité renforcée des menuiseries changées. Les appareils de chauffage à combustion, encore présents dans une partie du parc ancien, ajoutent des particules fines à surveiller, tandis que le radon reste globalement modéré sur ce sous-sol sédimentaire du bassin minier, sans disparaître pour autant des points de vigilance du diagnostic.
Débits réglementaires
L'arrêté du 24 mars 1982 impose un renouvellement d'air général et permanent, avec un débit extrait minimal proche de 75 mètres cubes par heure pour les plus petits logements et pouvant atteindre 200 pour les plus grands foyers, la cuisine pouvant fonctionner à débit réduit sous réserve d'une position de pointe d'au moins 120 mètres cubes par heure. Le passage de l'air sous les portes intérieures, détalonnées d'un à 2 centimètres, conditionne le bon balayage des pièces principales vers les pièces de service ; ce détail, souvent oublié lors du remplacement des sols pendant une rénovation, réduit l'efficacité d'une VMC par ailleurs bien dimensionnée. Dans les cités minières rénovées par lots, veiller à ce détail à l'échelle de chaque logement évite de devoir revenir sur des installations déjà posées.
Systèmes envisageables logement par logement
Faute de conduit commun, la ventilation mécanique répartie, avec un aérateur individuel par pièce de service, ou la VMC simple flux hygroréglable installée à l'intérieur de chaque maison en bande constituent les solutions les plus adaptées au bâti en corons. Le type A pilote les seules bouches d'extraction et convient aux rénovations les plus légères, tandis que le type B, qui module aussi les entrées d'air des pièces principales, limite les déperditions dans des logements désormais mieux isolés en toiture et en murs. Le double flux, plus exigeant en gaines et en local technique, trouve sa place surtout dans les opérations de réhabilitation lourde du parc social où l'ensemble de l'enveloppe est repris, avec un rendement de récupération de chaleur de 85 à 92 % sur les appareils certifiés. L'insufflation d'air filtré et préchauffé rend également service dans les logements les plus anciens, non repris en totalité, où créer un réseau d'extraction complet reste difficile.
Entretien d'une VMC
Les bouches d'extraction se nettoient tous les 3 à 6 mois, un geste d'autant plus utile dans un climat humide où les moisissures superficielles se redéposent vite sur les grilles encrassées. Les entrées d'air, en menuiserie ou intégrées aux coffres de volets roulants sur les rénovations récentes, se dépoussièrent une fois par an. Les filtres d'un éventuel double flux se changent tous les 6 à 12 mois, et le réseau complet mérite un contrôle et un curage tous les 5 ans environ. Un suivi régulier compte particulièrement dans ce climat frais et humide, où un système négligé perd son efficacité plus vite qu'en région plus sèche.
Prix d'une installation de VMC
Un diagnostic complet, avec relevés d'humidité pièce par pièce et mesure des débits, coûte de 150 à 500 euros. La pose d'une extraction simple démarre à 600 euros, une VMC simple flux hygroréglable de type B installée en rénovation se situe entre 1 200 et 2 500 euros, et un double flux avec réseau de gaines complet va de 4 000 à 8 000 euros selon la configuration du logement. Une ventilation par insufflation coûte de 2 500 à 4 500 euros. Ces montants ne couvrent pas un éventuel drainage périphérique ou une reprise des soubassements si le diagnostic révèle une remontée capillaire liée à la proximité de la nappe.
Spécialistes de l'aération référencés du Pas-de-Calais
T2C, installée à Beaurains, réalise l'installation d'équipements thermiques et de climatisation, avec une activité couvrant le chauffage, la ventilation et la climatisation dans les bâtiments du bassin minier et de ses environs.
Secteurs desservis
Principales communes du Pas-de-Calais: Arras, Douai, Lens, Liévin, Hénin-Beaumont, Béthune, Bruay-la-Buissière

