ventilo-convecteur

Aération et ventilation en Franche-Comté

Ventiler l'habitat comtois face aux hivers rigoureux

Les bouches d'extraction se placent dans les pièces humides, les entrées d'air dans les pièces de vie. Un logement étanche sans ventilation efficace développe condensation et moisissures en quelques mois.

Ferme comtoise et son tuyé

La ferme comtoise traditionnelle intègre un dispositif de ventilation ancien et particulièrement ingénieux, le tuyé, une vaste hotte pyramidale en charpente qui coiffe le foyer central et sert à la fois à évacuer la fumée, à fumer les salaisons et à assurer un tirage naturel permanent du volume habité. Ce système, pensé pour un mode de vie et un chauffage au bois aujourd'hui largement disparus, ne répond plus aux exigences de renouvellement d'air d'un logement rénové et chauffé au gaz ou à l'électricité, mais sa présence dans le bâti agricole reconverti pose une question spécifique de mise aux normes. Fermer purement et simplement le tuyé sans installer de ventilation mécanique supprime le seul exutoire naturel du volume, avec un risque de confinement et de condensation dans une charpente ancienne, elle-même sensible à l'humidité. La rénovation de ces fermes suppose donc de raisonner le remplacement d'un système ancien par un système actuel, plutôt qu'une simple suppression sans compensation.

Besançon et le secteur sauvegardé

Le centre historique de Besançon, protégé au titre du secteur sauvegardé, impose des contraintes architecturales fortes sur toute intervention en façade ou en toiture, qui rejaillissent directement sur les choix de ventilation dans les immeubles anciens. La pose d'entrées d'air ou de sorties de toiture y suit des règles d'intégration précises, définies avec l'architecte des Bâtiments de France, ce qui limite parfois les solutions techniques disponibles par rapport à un immeuble sans protection patrimoniale. Ces immeubles, souvent construits en pierre calcaire locale avec des planchers bois et des caves voûtées, présentent par ailleurs une hétérogénéité de traitement d'un logement à l'autre, ce qui complique le diagnostic à l'échelle de la copropriété.

Brouillards de vallée et humidité extérieure

La vallée du Doubs connaît de fréquents épisodes de brouillard, particulièrement en automne et en hiver, lorsque l'air froid et humide stagne dans le fond de vallée pendant que les plateaux environnants restent dégagés. Cette humidité extérieure prolongée réduit la capacité de l'air à absorber la vapeur produite à l'intérieur du logement lors des périodes de renouvellement d'air, un phénomène qui se combine à la rigueur hivernale pour prolonger la saison à risque de condensation. Les communes de fond de vallée composent ainsi avec une double contrainte, températures basses et hygrométrie élevée, alors que les communes de plateau bénéficient d'un air plus sec bien que plus froid. Le réglage d'une ventilation hygroréglable doit ici tenir compte de cette donnée climatique locale, sous peine de sous-évaluer les besoins réels de renouvellement d'air.

Vapeur d'eau et seuils de vigilance

Un occupant produit environ un litre de vapeur d'eau par nuit du seul fait de sa respiration, auxquels s'ajoutent la cuisson, les douches et surtout le séchage du linge en intérieur, pratique fréquente durant les longs mois d'hiver comtois, qui peut relâcher jusqu'à 3 litres d'eau supplémentaires dans l'air ambiant. Le mobilier récent, les colles et les peintures libèrent par ailleurs des composés organiques volatils et du formaldéhyde pendant plusieurs semaines après leur pose, avec un étiquetage sanitaire de A+ à C obligatoire depuis 2012. Le dioxyde de carbone constitue un indicateur pratique du renouvellement d'air, l'extérieur avoisinant 420 ppm contre plus de 2 000 ppm dans une chambre fermée au petit matin. Le chauffage au bois, très répandu dans ce territoire rural, ajoute enfin des particules fines de combustion qu'une extraction correctement dimensionnée contribue à évacuer.

Cadre réglementaire

L'arrêté du 24 mars 1982 impose une ventilation générale et permanente, avec une entrée d'air par les pièces principales et une extraction par les pièces de service, pour des débits extraits minimaux d'environ 75 mètres cubes par heure en studio à près de 200 en cinq pièces. La cuisine peut fonctionner à débit réduit à condition de conserver une position de pointe d'au moins 120 mètres cubes par heure lors de la préparation des repas. Ce fonctionnement suppose un passage d'air sous les portes intérieures, un détalonnage de un à 2 centimètres que la pose de sols neufs supprime fréquemment lors des rénovations, y compris dans les fermes comtoises reconverties. Le respect de ces débits pèse particulièrement lourd dans un climat où la tentation de calfeutrer davantage pour limiter les pertes de chauffage va souvent à l'encontre du besoin réel de renouvellement d'air.

Double flux à récupération de chaleur

Dans un climat aux hivers aussi longs et rigoureux que celui du Doubs et du Haut-Jura, le double flux à échangeur à plaques à contre-courant trouve un terrain particulièrement favorable, puisque son rendement de récupération de chaleur, de 85 à 92 % sur les appareils certifiés, limite fortement les déperditions liées au renouvellement d'air pendant la longue saison de chauffe. L'investissement, plus élevé qu'une ventilation simple flux, s'amortit d'autant mieux que la durée de chauffage est longue, ce qui distingue ce territoire d'une région au climat plus doux. Sa mise en oeuvre exige néanmoins un test d'infiltrométrie préalable et un réseau de gaines isolées correctement équilibré au débitmètre, une exigence renforcée dans le bâti ancien en pierre calcaire dont l'étanchéité à l'air reste souvent limitée. L'hygroréglable de type B demeure une alternative pertinente pour les budgets plus contraints, en particulier dans les logements occupés de façon irrégulière.

Diagnostic et entretien

Le diagnostic commence par un relevé d'humidité relative pièce par pièce, matin et soir pendant une semaine, avec une attention particulière portée aux angles de mur et aux tableaux de fenêtre, points froids les plus exposés dans ce climat à forte amplitude thermique. L'entretien courant, bouches nettoyées tous les 3 à 6 mois et entrées d'air vérifiées une fois par an, prend une importance accrue durant la longue saison de chauffe, où le logement reste fermé plusieurs mois de suite.

Prix d'une installation de VMC

Un diagnostic complet avec relevés d'humidité et mesure des débits coûte de 150 à 500 euros selon la taille du logement. La pose d'une extraction simple démarre à 600 euros, une VMC hygroréglable de type B installée dans l'existant se situe entre 1 200 et 2 500 euros, et un double flux avec réseau de gaines isolées va de 4 000 à 8 000 euros selon la configuration des combles, un investissement que la longueur de la saison de chauffe contribue à amortir plus vite qu'ailleurs. En secteur sauvegardé à Besançon, les contraintes d'intégration architecturale des entrées d'air et des sorties de toiture peuvent majorer légèrement ce budget. Ces montants ne couvrent pas la reprise d'une charpente de tuyé ni le traitement d'un mur en pierre calcaire dégradé par des cycles de gel répétés.

Professionnels de la qualité de l'air intérieur de Franche-Comté

EFC Ventilation Électricité Vesoul, installée à Noidans-lès-Vesoul, intervient sur la ventilation hygroréglable, l'autoréglage et la basse pression, avec un suivi d'entretien de parcs de VMC pour des installations individuelles comme collectives.

Périmètre d'intervention

Principales villes de la Franche Comté : Besançon, Montbéliard et Pontarlier (Doubs), Belfort (Territoire de Belfort), Vesoul (Haute-Saône), Dole et Lons-le-Saunier (Jura)