Ventilation en Dauphiné et Alpes du Sud
Ventiler un logement en Dauphiné et dans les Alpes du Sud
L'aération d'un logement évacue l'humidité, les polluants intérieurs et le dioxyde de carbone. Un logement étanche sans ventilation efficace développe condensation et moisissures en quelques mois.
Climat de cuvette et d'altitude
L'agglomération grenobloise est enfermée entre trois massifs, configuration qui favorise les inversions thermiques hivernales, l'air froid stagne au fond de la vallée, le brouillard s'y installe et l'air extérieur reste proche de la saturation des journées entières. Aérer par la fenêtre perd alors une partie de son intérêt, puisque l'air introduit contient déjà beaucoup d'eau. En altitude, dans le Briançonnais, le Champsaur ou le Diois, le problème s'inverse, l'air d'hiver est très sec, mais le gel prolongé rend les parois si froides que la moindre production de vapeur s'y dépose. Le même caisson posé à Grenoble ou à Gap ne se paramètre donc pas de la même manière.
Pisé et grands ensembles grenoblois
Le Bas-Dauphiné et la plaine de Bièvre comptent beaucoup de constructions en pisé, terre crue banchée dont la tenue mécanique dépend directement de sa teneur en eau. Ce matériau accepte les échanges de vapeur mais supporte mal l'eau liquide, un enduit ciment étanche ou un doublage intérieur mal conçu y provoquent des désordres qui ne se voient qu'une fois le mur atteint. À l'opposé, les grands ensembles construits entre 1955 et 1975 à Grenoble, Échirolles, Saint-Martin-d'Hères ou Valence sont équipés de conduits collectifs verticaux, souvent de type shunt, prévus à l'origine pour un tirage naturel. Beaucoup ont été raccordés depuis à une extraction mécanique en toiture sans reprise des bouches ni des entrées d'air, d'où des débits très inégaux entre le premier et le dernier étage. Dans ces immeubles, l'intervention utile porte d'abord sur l'équilibrage du réseau collectif.
Production quotidienne de vapeur d'eau
Un foyer de quatre personnes met en circulation 10 à 15 litres de vapeur par jour, près d'un litre par occupant pour la seule respiration nocturne, un demi-litre pour une douche, jusqu'à 3 litres pour une lessive mise à sécher sur un étendoir intérieur. Cette eau reste invisible tant que l'air la porte, car à 20 degrés un mètre cube d'air peut contenir environ 17 grammes d'eau, contre 10 grammes seulement à 12 degrés. Dès que l'air chargé atteint une surface plus froide que son point de rosée, l'excédent se dépose, et la première paroi concernée est presque toujours un tableau de fenêtre, un angle de mur nord ou le linteau d'un balcon filant non traité.
Trois désordres d'humidité
La condensation superficielle se reconnaît à son caractère saisonnier et à sa localisation sur les points froids, l'infiltration suit un épisode pluvieux et dessine une auréole à contour net. La remontée capillaire, fréquente dans les rez-de-chaussée de pisé sans coupure de capillarité, progresse depuis le bas du mur, s'arrête à hauteur constante et laisse un liseré de salpêtre. Renforcer la ventilation d'un mur qui remonte l'eau du sol ne donne rien, et une injection de résine ne corrigera jamais un excès de vapeur intérieure.
Radon et polluants respirés au quotidien
Une partie du Dauphiné et des Alpes du Sud repose sur des formations cristallines, granites et gneiss de Belledonne, du Pelvoux et de l'Oisans, contexte géologique associé à un potentiel radon plus marqué que sur les terrains sédimentaires de la vallée du Rhône. Ce gaz s'accumule dans les caves et les rez-de-chaussée dont le vide sanitaire n'est pas ventilé, et la ventilation reste le moyen le plus simple de le diluer. S'y ajoutent les composés organiques volatils et le formaldéhyde libérés par les panneaux de particules, les colles et les peintures récentes, que l'étiquetage sanitaire obligatoire depuis 2012, gradué de A+ à C, permet d'anticiper à l'achat. Le dioxyde de carbone complète le tableau, l'air extérieur en contient environ 420 ppm, une chambre fermée occupée par deux adultes dépasse couramment 2 000 ppm au petit matin.
Débits réglementaires et balayage de l'air
L'arrêté du 24 mars 1982 pose le principe d'une ventilation générale et permanente, l'air neuf entre par les pièces principales, traverse le logement et s'extrait par la cuisine, la salle de bains et les cabinets d'aisance. Les débits extraits minimaux vont d'environ 75 mètres cubes par heure pour un studio à près de 200 pour un cinq pièces, avec une réduction admise en cuisine si une position de pointe d'au moins 120 mètres cubes par heure reste disponible. Ce balayage suppose un détalonnage des portes de un à 2 centimètres, que la pose d'un parquet flottant supprime presque toujours, une installation bien dimensionnée dont les portes joignent au sol ne ventile plus que la pièce où se trouve la bouche.
Systèmes de ventilation selon le bâti
Simple flux hygroréglable
L'autoréglable délivre un débit constant et surventile donc en hiver, défaut coûteux là où la saison de chauffe dure 7 mois. L'hygroréglable de type A module les bouches d'extraction selon l'humidité ambiante, le type B pilote en plus les entrées d'air des pièces principales et réduit sensiblement les déperditions sans dégrader la qualité de l'air. En montagne, le point de vigilance porte sur ces entrées d'air en menuiserie, exposées au givrage lorsque l'extérieur reste plusieurs jours sous zéro.
Double flux à échangeur
Le double flux croise l'air extrait et l'air neuf dans un échangeur à plaques à contre-courant dont le rendement atteint 85 à 92 % sur les caissons certifiés, ce qui prend tout son sens sur une longue saison de chauffe, et il filtre l'air entrant, argument sérieux dans la cuvette grenobloise en épisode de pollution particulaire hivernale. En contrepartie il exige des gaines isolées, des plénums, un équilibrage au débitmètre, une protection antigel de la batterie d'entrée et un bypass estival. Sans étanchéité à l'air vérifiée, le rendement annoncé ne se retrouve jamais en exploitation.
Insufflation et ventilation répartie
La ventilation mécanique par insufflation met le logement en légère surpression avec de l'air filtré et préchauffé, l'air vicié s'échappant par les défauts d'étanchéité, ce qui rend service dans les maisons de village anciennes dépourvues de conduit vertical exploitable. La ventilation mécanique répartie, par aérateurs installés pièce par pièce, constitue l'autre réponse dans ce bâti contraint.
Diagnostic et entretien
La démarche commence par un relevé simple, un thermohygromètre par pièce, deux mesures quotidiennes pendant une semaine, une cible de 40 à 60 % d'humidité relative. Le professionnel poursuit par une mesure des débits à l'anémomètre, un contrôle des entrées d'air et souvent une thermographie infrarouge, le test d'infiltrométrie à la porte soufflante devenant indispensable dès qu'un double flux est envisagé. Ensuite, les bouches se lavent tous les 3 à 6 mois, les entrées d'air une fois par an, les filtres de double flux se remplacent tous les 6 à 12 mois et le réseau demande un curage tous les 5 ans environ.
Prix d'une installation de VMC
Un diagnostic complet avec relevés d'humidité et mesure des débits se situe entre 150 et 500 euros, la pose d'une extraction simple démarre autour de 600 euros. Une VMC simple flux hygroréglable de type B installée en rénovation se chiffre couramment de 1 200 à 2 500 euros, un double flux avec réseau de gaines de 4 000 à 8 000 euros selon la longueur de distribution et l'accessibilité des combles, une insufflation de 2 500 à 4 500 euros. La reprise d'un conduit collectif et de sa tourelle relève d'une décision d'assemblée générale et se chiffre à l'échelle de l'immeuble, non du logement.
Entreprises d'aération et de traitement de l'air du Dauphiné et des Alpes du Sud
Air Et Eau, implantée à Grenoble, vend et installe des systèmes de ventilation, intervient également en détection de fuite d'eau et dispose du label Qualibat RGE.
Communes couvertes
Principales villes en Isère : Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Saint-Martin d'Hères, EchirollesPrincipales villes de la Drôme : Valence, Montélimar, Romans-sur-Isère et Bourg-lès-Valence
Principales villes des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute-Provence : Gap, Manosque, Digne-les-Bains

