Aération et ventilation dans le Calvados et la Manche
Assainir l'air et maîtriser l'humidité dans le Calvados et la Manche
Les bouches d'extraction se placent dans les pièces humides, les entrées d'air dans les pièces de vie. Ce balayage, des pièces sèches vers les pièces humides, suppose un passage d'air sous les portes.
Bâti normand face à l'humidité
Le pays d'Auge conserve un parc important de maisons à pans de bois et torchis, une technique constructive qui laisse circuler la vapeur à travers la paroi et qui tolère mal les isolants et enduits étanches posés sans réflexion sur la migration de l'humidité. La pierre de Caen, calcaire tendre largement employé dans l'architecture urbaine de Caen et de Bayeux, fonctionne selon le même principe de paroi perspirante, avec un risque de gel-dégel si l'humidité reste piégée en hiver. Les quartiers reconstruits après 1944 à Caen et à Cherbourg, en revanche, reposent sur des structures en béton armé beaucoup plus étanches à la vapeur, où la condensation se concentre sur les ponts thermiques des menuiseries d'origine et des balcons filants. Ces deux logiques constructives, respirante et étanche, coexistent dans le parc normand et appellent des diagnostics différents avant toute intervention.
Production de vapeur et mécanisme de condensation
Dans un logement occupé par quatre personnes, la vapeur d'eau produite quotidiennement atteint 10 à 15 litres, la respiration nocturne représentant à elle seule près d'un litre par occupant, une douche environ un demi-litre, et une lessive séchée sur un étendoir intérieur jusqu'à 3 litres. L'air chaud retient davantage d'eau que l'air froid, à 20 degrés, il en admet environ 17 grammes par mètre cube avant saturation, contre 10 grammes seulement à 12 degrés, ce qui explique pourquoi la condensation se concentre systématiquement sur les surfaces les plus froides du logement. En climat océanique humide, cette dynamique est renforcée par une hygrométrie extérieure déjà élevée, qui réduit la capacité d'évacuation de la vapeur par simple ouverture des fenêtres. Le renouvellement d'air doit donc être suffisant en toute saison, sans dépendre du seul geste d'aérer.
Trois désordres d'humidité
La condensation superficielle touche les points froids du bâti et s'atténue nettement l'été, contrairement à l'infiltration, qui apparaît après un épisode pluvieux et laisse une auréole au contour net, souvent en toiture ou en pied de mur exposé aux embruns du Cotentin. La remontée capillaire, elle, progresse depuis les fondations et s'arrête à une hauteur constante, en laissant un dépôt de salpêtre caractéristique sur les soubassements. Un désordre supplémentaire mérite l'attention, la présence possible de radon, gaz naturellement émis par certaines roches cristallines et qui s'accumule dans les caves et les vides sanitaires mal ventilés. Confondre ces phénomènes conduit à des travaux inadaptés, coûteux et souvent inefficaces contre la cause réelle du désordre.
Polluants intérieurs et qualité de l'air
Aux problèmes d'humidité s'ajoutent les composés organiques volatils émis par les matériaux de construction, le formaldéhyde en particulier, avec un étiquetage sanitaire obligatoire depuis 2012 qui classe les produits de A+ à C. Le dioxyde de carbone permet de suivre indirectement la qualité du renouvellement d'air, l'extérieur affiche environ 420 ppm, quand une chambre fermée peut dépasser 2 000 ppm en fin de nuit. Les appareils de chauffage au bois, répandus dans l'habitat rural normand, ajoutent des particules fines de combustion qu'une extraction efficace en cuisine limite. Le radon, déjà évoqué pour le sud Manche, complète ce tableau dans les secteurs où affleure le socle granitique armoricain.
Débits de ventilation réglementaires
L'arrêté du 24 mars 1982 pose le principe d'une ventilation générale et permanente, avec une entrée d'air en pièces principales et une extraction en pièces de service. Les débits extraits minimaux vont d'environ 75 mètres cubes par heure en studio à près de 200 en cinq pièces, la cuisine pouvant fonctionner à débit réduit dès lors qu'une position de pointe d'au moins 120 mètres cubes par heure reste disponible. Ce balayage suppose un détalonnage des portes intérieures de un à 2 centimètres, une disposition trop souvent supprimée lors du remplacement des sols anciens. Ce défaut de balayage interne est moins pénalisant qu'en habitat collectif reconstruit, plus hermétique par construction.
Choix d'un système adapté au climat océanique
Le simple flux hygroréglable de type B, qui pilote extraction et entrées d'air selon l'humidité relative, limite la surventilation hivernale caractéristique du climat normand tout en garantissant un débit suffisant lorsque l'occupation augmente. Le double flux, avec un échangeur à contre-courant dont le rendement atteint 85 à 92 %, trouve ici un terrain favorable puisque les hivers longs valorisent pleinement la récupération de chaleur, à condition de filtrer l'air neuf pour limiter l'apport de sel marin près du littoral du Cotentin. L'insufflation, qui met le volume habitable en légère surpression avec de l'air filtré et préchauffé, évite de percer une structure ancienne. Un test d'infiltrométrie reste indispensable avant tout projet de double flux, pour vérifier que l'enveloppe est assez étanche pour valoriser l'échangeur.
Diagnostic et prix d'une VMC
La pose d'un thermohygromètre dans chaque pièce, avec des relevés matin et soir sur une semaine, situe l'humidité relative par rapport à la fourchette cible de 40 à 60 %, et le professionnel complète par une mesure des débits et un contrôle des entrées d'air, souvent corrodées par les embruns près du littoral. Les bouches d'extraction se nettoient tous les 3 à 6 mois, un rythme à resserrer pour les logements exposés aux embruns du Cotentin où le sel accélère l'encrassement des grilles, et les filtres d'un double flux se remplacent tous les 6 à 12 mois. Un diagnostic complet coûte entre 150 et 500 euros, une extraction simple à partir de 600 euros, une VMC hygroréglable de type B de 1 200 à 2 500 euros posée, un double flux particulièrement pertinent sous ce climat de 4 000 à 8 000 euros et une insufflation de 2 500 à 4 500 euros.
Professionnels de la ventilation dans le Calvados et la Manche
VENTIL'R 14, installée à Ranville près de Caen, intervient sur les équipements thermiques et de climatisation du département, avec une activité centrée sur la pose et le réglage de systèmes de ventilation en habitat individuel comme collectif.
Périmètre d'intervention
Principales villes du Calvados : Caen, Hérouville-Saint-Clair et Lisieux
Principales villes de la Manche : Cherbourg-en-Cotentin, Saint-Lô

